L’Association

ASFAD

(Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes Démocrates)

L’ASFAD, association Loi 1901, a été créée le 5 juillet 1995 par des Algériennes et des Françaises vivant en France. Elle est issue du Réseau International de Solidarité avec les Femmes Algériennes (RISFA), réseau informel qui s’était constitué sur la base d’un élan spontané de femmes féministes suite aux massacres perpétués sur des femmes en Algérie et à l’exode d’Algériennes qui arrivaient en France totalement démunies…
Nous animons une permanence d’accueil, d’écoute et d’orientation des femmes en difficulté avec accompagnement et suivi administratif et juridique…
l’ASFAD est un lieu d’information et d’aide aux femmes immigrées ou issues de l’immigration lorsqu’elles sont confrontées à des difficultés administratives, des problèmes de violence conjugale, de divorce, de répudiation, de garde d’enfants, de mariage forcé…, aux conséquences de l’application des Accords bilatéraux, aux retombées discriminatoires des Codes de statuts personnels des trois pays du Maghreb …

L’ASFAD est engagée dans la lutte pour le droit des femmes

et contre toutes les formes de discriminations

Les objectifs de l’ASFAD:
En France, Elle est engagée au sein du réseau de solidarité des associations féministes, à la lutte menée  contre l’exclusion,  l’obscurantisme, l’intégrisme…
L’ASFAD soutient les femmes étrangères qui sont en exil dans leurs efforts d’adaptation et d’insertion dans la société d’accueil…
l’ASFAD met tout en oeuvre pour aider les femmes organisées ou non, qui luttent contre l’exclusion, pour les droits des femmes, le respect de la personne humaine et pour la démocratie…
Elle s’associe à toutes les initiatives qui, depuis plusieurs années, ont été menées pour les droits des femmes maghrébines, ici et là-bas.
Elle participe également à la réflexion et au débat sur la situation des femmes maghrébines immigrées ou issues de l’immigration, victimes des discriminations liées aux Codes de statut personnel en vigueur dans leur pays d’origine et en France. Elle s’associe aux luttes pour la défense de la laïcité…
En Algérie, elle soutient les associations qui militent pour les droits des femmes, l’abrogation du Code de la Famille (remanié en 2005), l’égalité entre les femmes et les hommes et pour la démocratie…
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Du RISFA à l’ASFAD … son histoire !!

 

Le R.I.S.F.A

 

(Réseau International de Solidarité avec les Femmes Algériennes ): face à la situation de violence vécue en Algérie, un réseau féministe voit le jour en France en 1994.

L’Algérie vit une situation de déstabilisation politique grave, dramatique pour la population.
Après le succès du FIS aux élections législatives de décembre 1991 et la perte d’influence du FLN soutenu par les chefs de l’Armée, ceux-ci obtiennent la démission du président Chadli Bendjedid. Ils constituent un Haut Comité d’Etat présidé par Mohamed Boudiaf, assassiné en juin 1992 et remplacé par Liamine Zéroual en janvier 1994.
Face à ce pouvoir de transition sans légitimité populaire, qui accentue la répression, le mouvement islamiste se renforce. Le FIS ne maîtrise pas les GIA dirigés par des émirs autoproclamés qui redoublent de violence dans leurs actions armées contre les civils.
Dans ce contexte politique où l’Etat ne protège plus ses citoyens, des journalistes, des enseignants, des chercheurs, des artistes sont menacés, enlevés, assassinés. Des femmes et des jeunes filles sont violées, torturées, massacrées. Toute une partie de la population, déclarée « apostate » par les islamistes, vit dans l’angoisse, harcelée, menacée de mort. Les médias français rapportent ces tragédies quotidiennes. Des familles s’exilent, arrivent en France pour se protéger ou protéger leurs enfants, demandant l’asile.
En novembre 1993, des femmes françaises et algériennes participent, à Oran, à un colloque sur la violence. Là, se forge une conviction; il faut créer un réseau de solidarité pour les femmes menacées qui se réfugient en France, mais également pour aider celles qui restent et continuent à crier, courageusement, dans la rue, leur révolte. Le 8 mars 1994, leur marche dans les rues d’Alger bouleverse le monde entier. Les Algériennes sont debout malgré les menaces terribles des terroristes.
A Paris, un fil se tisse, une cinquante de militantes françaises et algériennes se réunissent le 17 mars. Une action prioritaire est décidée: envoyer un message de solidarité aux femmes algériennes et le diffuser à la presse.
Il faut également organiser rapidement un rassemblement. Un extraordinaire bouche à oreille aboutit à une manifestation sur le parvis des Droits de l’homme au Trocadéro, cinq jours plus tard !… le 22 mars 1994. On attendait une cinquantaine de personnes. Elles sont au moins deux cents qui crient leur colère, à travers des témoignages bouleversants. Les dernières femmes arrivées d’Alger racontent l’horreur.
Immédiatement naît l’idée d’un réseau de solidarité :

 

le RISFA, Réseau international de solidarité avec les femmes algériennes . Des Françaises et des Algériennes exilées et immigrées, se mobilisent. Une assemblée générale est décidée. Tout va très vite: il le faut. Les réunions succèdent aux réunions. Les dons arrivent, permettant au réseau de fonctionner. L’association RUPTURES nous permet de mettre sur pied un fonctionnement financier.. Radios, télés, journaux s’intéressent aux projets du RISFA, créé le 17 mars 1994.

Comment va évoluer ce réseau ? Les objectifs au sein du groupe sont multiples, parfois antagonistes Quatre commissions s’organisent qui souhaitent se mobiliser sur des actions précises:

 

« soutien juridique » (aider les femmes à obtenir des titres de séjour), « relation avec les associations féministes en France » et à l’étranger (sensibiliser sur la résistance des Algériennes et susciter des solidarités), «relation avec les associations d’Algérie » (établir des contacts avec toute femme démocrate qui, à titre personnel ou au sein d’une association oeuvre pour les droits des femmes).
Cette dernière commission sera particulièrement attentive à un travail de recensement des associations féminines existantes, à la prise de contact avec leurs responsables, à l’évaluation de leurs besoins et à la mise en oeuvre des solutions appropriées.

 

Une commission « Information » sera chargée d’une revue de presse algérienne et internationale afin d’en tirer les éléments utiles aux autres commissions. Cette commission recueille également des témoignages afin d’en faire un livre noir (ce projet ne verra jamais le jour; des craintes se manifestent quant à la sécurité des femmes interviewées). Des débats, des soirées sont organisés. Le 9 décembre 1994, un colloque auquel s’associent Danielle Mitterrand et la Fondation France Libertés, réunit au Sénat (malgré une grève mémorable) un grand nombre de participants.

Les militantes algériennes étaient alors souvent liées à des partis politiques.
Des débats parfois houleux s’instaurent au sein du réseau et opposent les «éradicatrices » aux «dialoguistes ». « Les éradicatrices » ainsi nommées parce qu’elles refusent tout dialogue avec les islamistes et ne sont pas hostiles à la Répression à leur encontre. Par ailleurs les « dialoguistes », souvent très opposées au projet de société des islamistes, pensent qu’au nom de la démocratie on ne peut les exclure du débat politique.
Dans ce réseau un groupe de Françaises et d’Algériennes, récemment arrivées ou immigrées de longue date, décide de s’engager concrètement et immédiatement sur des actions d’accueil des Algériennes en France et sur le soutien à celles qui luttent là-bas en créant une association. En mai 1995, les statuts sont déposés à la Préfecture.

Ce sera l’ASFAD : Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes Démocrates. Une page se tourne.