Actualités

Journée de lutte contre les violences faites aux femmes – 25 novembre 2017

25 nov. 2017 Brochure programme Mairie de Paris

 

Mme Hélène BIDARD – Adjointe à la Maire de Paris en charge de l’égalité femmes-hommes,de la lutte contre les discriminations et des droits humains

Durant l’année 2016, 123 femmes et 34 hommes sont mort·e·s, victimes de leur conjoint, petit ami, compagnon, amant ou ex, d’après « l’étude des morts violentes dans le couple en 2016 » du Ministère de l’Intérieur.

Cette étude rappelle que les femmes restent les premières victimes des violences au sein des couples. Et d’autre part, elle révèle que les violences conjugales impactent fortement les enfants, dont la présence n’empêche pas le passage à l’acte.

Neuf enfants ont été tués par leur père en même temps que leur mère, seize autres enfant sont été tués dans le cadre de violences conjugales, sans que l’autre parent soit tué.

Plus que jamais, il faut rappeler qu’on ne tue pas « sa femme par amour », jamais ! On la tue car on ne supporte pas de la perdre, on veut garder son objet. Il y a des violences car il y a une appropriation de la femme par l’homme. Nous devons gagner l’idée que cette catégorie de meurtre a un nom : le féminicide ; le meurtre d’une femme, d’une fille en raison de son sexe.

Comme beaucoup d’associations et de féministes, je pense indispensable que le féminicide soit reconnu juridiquement et socialement ; et ce, afin qu’on cesse de parler de « crimes passionnels » ou de cas isolés. En effet, le nombre de femmes victimes de violences psychologiques, physiques, à la maison, au travail ou dans la rue, révèle bien qu’il s’agit d’un phénomène massif et mondial.

C’est le résultat d’un système patriarcal reposant sur de multiples violences machistes, que nous voulons voir éradiquées. C’est pourquoi, il est indispensable de développer des politiques publiques volontaristes et des dispositifs visant à protéger les femmes et à leur permettre de s’émanciper. Le sport est un domaine à investir dans ce sens. Marie-Françoise Potereau, présidente de Femix’ Sports rappelait dans une tribune de mars 2016 : « Il n’est pas rare d’entendre des propos sexistes dans le milieu du sport ou de voir des affiches d’événements sportifs reproduire des stéréotypes trop bien ancrés dans nos esprits. Ces stéréotypes existent en chacun de nous.Pour cela, il est essentiel de les identifier dans le but de les faire disparaître de notre société. Le sport montre régulièrement l’exemple en palliant les inégalités,continuons dans ce sens ! »Alors que Paris s’apprête à accueillir les Jeux Olympiques et paralympiques de 2024, avec Anne Hidalgo, Maire de Paris, nous avons souhaité que ce 25 novembre à Paris soit l’occasion de briser ces tabous et de promouvoir ensemble un sport égalitaire et en lutte contre les violences faites aux femmes.

De nombreuses expériences révèlent que le sport peut être le lieu de développement de l’estime et de la confiance en soi pour de nombreuses femmes et jeunes filles. Il peut même devenir un outil de reconstruction pour les femmes et jeunes filles qui ont été victimes de violences conjugales, intrafamiliales et de genre. Nous aborderons tous ces enjeux, lors de la 3e rencontre interprofessionnelle de l’Observatoire parisien des violences faites aux femmes (OPVF) qui aura lieu le jeudi 23 novembre. Je vous invite à retrouver dans cette brochure toutes les initiatives portées par les arrondissements, les services de la ville et du département, et des associations qui sont destinées à mobiliser toujours plus de Parisiennes et de Parisiens dans la lutte contre les violences faites aux femmes…