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Centre « Hubertine Auclert »

Le Centre Hubertine Auclert est un espace d’information et d’expertise dont l’objectif est de promouvoir une culture de l’égalité entre femmes et hommes.

Organisme associé de la Région Ile-de-France.

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Jeudi 3 mai 2012 à 18h

Pour Information:

Séminaire sur la Convention d’objectif et de Moyens du CHA

Compte tenu des difficultés à réunir les groupes de travail sur des créneaux distincts, nous vous proposons un séminaire sur la convention d’objectifs et de moyens (COM).

Ce séminaire aura lieu le Jeudi 3 mai à 18.00 au Centre Hubertine Auclert, 7, impasse Milord, 75018 Paris.
Conçu pour permettre la déclinaison de la convention en programme d’actions pour 2012 et l’appropriation par toutes et tous de ce texte, ce séminaire se déroulera de la façon suivante :
18.00 – 18.30 : Présentation de la convention d’objectifs et de moyens – Son élaboration et ses objectifs généraux
18.30 – 20.00 : Travail en ateliers
- Commission 1 : CONSTRUIRE UNE PLATEFORME REGIONALE DE RESSOURCES ET D’ECHANGES SUR L’EGALITE FEMMES-HOMMES
- Commission 2 : RENFORCER LE RESEAU DES ACTEURS-TRICES FRANCILIEN-NE-S DE L’EGALITE FEMMES-HOMMES
- Commission 3 : PROMOUVOIR L’EDUCATION A L’EGALITE
20.00 – 20.30 : Restitution des travaux
Afin de faciliter l’organisation de ce séminaire, nous vous remercions de nous communiquer le nombre et  (le ou) les noms des personnes qui participeront à ce séminaire pour représenter votre institution, association ou syndicat, par retour de mail.
Merci
Bien à vous
Claudie Baudino
Directrice
Tél. +33 (0)1 75 00 04 41
Claudie.Baudino@hubertine.fr
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Son histoire

Ce centre de ressources pour l’égalité femmes-hommes est le résultat d’un processus de concertation avec les partenaires associatifs franciliens.
A l’occasion du 8 mars 2009, la Région a convié les actrices et les acteurs de la société civile à débattre sur ce projet. Des représentantes, belge, italienne et suédoise, de centres de ressources étrangers étaient également présentes pour nourrir la réflexion de leurs expériences. Au terme d’une plénière et de quatre ateliers, les grandes lignes du centre de ressources étaient posées.
En juin 2009, à une très large majorité, le Conseil régional a approuvé le principe de sa création et ses statuts. Créé sous forme associative, le centre francilien de ressources pour l’égalité femmes – hommes est composé de trois collèges : institutionnel, associatif et syndical. Il a tenu son assemblée générale constitutive le 7 septembre 2009 en présence d’une trentaine d’associations franciliennes (il en compte aujourd’hui une cinquantaine).
Dès l’automne, une équipe de lancement resserrée a été mise en place. A l’issue d’une consultation des membres de l’assemblée générale, le centre francilien de ressources pour l’égalité femmes – hommes est devenu, le 8 décembre 2009, le Centre Hubertine Auclert.

Ses missions

Organisme associé de la Région Ile-de-France, créé à l’initiative du Conseil régional d’Ile-de-France avec et pour les acteurs-rices de l’égalité, le Centre Hubertine Auclert, centre francilien de ressources pour l’égalité femmes-hommes, a pour principaux objectifs la sensibilisation de différents publics à la nécessité de lutter contre les inégalités et les discriminations fondées sur le sexe et le genre, de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes et de produire de l’expertise dans ce domaine.
Composé d’associations, d’élu-e-s et de syndicats, le centre a un rôle de facilitateur et d’appui vis-à-vis de l’ensemble de ses membres. Cet appui se répartit en différents axes :
  • Le Centre accompagne ses membres dans le montage de leurs projets et mutualise les compétences ;
  • Il favorise les interventions sur l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les discriminations sexistes en milieu scolaire ;
  • Il propose, via son site internet, une plate-forme d’orientation vers les informations, les bases de données et les ressources dans le domaine de l’égalité femmes-hommes ;
  • Il est à l’initiative d’évènements destinés à sensibiliser le grand public et mettre en valeur les acteurs et actrices de l’égalité ;
  • Il conseille et accompagne tout porteur/porteuse de projet en faveur de l’égalité femmes-hommes.
Le Centre Hubertine Auclert regroupe à ce jour 72 membres : 66 associations, 5 syndicats et 1 Région.

Lien / Associations

http://www.centre-hubertine-auclert.fr/associations?page=1#

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Réseau « Agir avec Elles »

Missions d’études sur les hébergements

de femmes victimes de violences, mariage forcé, etc…

3-5 septembre 2007 à Berlin

11-13 septembre 2007 à Rotterdam

Compte-rendu des missions

Objectifs

Dans la perspective d’affiner son étude de faisabilité d’une structure d’hébergement fiable, sécurisée et co-gérée par les associations fondatrices du Réseau Agir Avec Elles (ASFAD, ELELE, GAMS et Voix de Femmes), pour protéger les jeunes femmes majeures en rupture familiale et sans hébergement, confrontées notamment au mariage forcé, les associations membres du réseau ont effectué deux missions d’étude auprès de plusieurs structures d’hébergement déjà existantes en Allemagne et en Hollande.

Les associations rencontrées:

I/ A Berlin :
le foyer sécurisé Papatya (journée entière du 3 septembre)
et les associations :
Elisi Evi (matinée du 4 septembre)
Tara (après-midi du 4 septembre)
Tio (matinée du 5 septembre)
II/ A Rotterdam :
l’association Arosa :
-  son Centre d’accueil et d’écoute (matinée du 12 septembre)
– et trois de ses structures d’hébergement :
*   le foyer  Düygü (après-midi du 12 septembre)
*   les structures d’hébergement-relais : Nawel et Aletta (matinée du 13 septembre)

I / Contexte allemand et hollandais : différences et similitudes

Berlin : une prise de conscience ancienne des violences faites aux femmes, issues de l’immigration ou non.
En Allemagne, le premier foyer pour femmes victimes de violences a été créé en 1976.
Un groupe de travail, le BIG, composé d’institutions et d’associations a été mis en place il y a 30 ans.
Force de réflexion et groupe de pression, il n’avait pas vocation à accueillir les femmes victimes de violences.
Il a créé 4 groupes de travail:
1/ amélioration des législations et de la protection juridique des femmes ;
2/ besoins et autonomie des femmes
3/ auteurs de violences sexistes ;
4/ sensibilisation des professionnels.
Le fruit du travail conjoint de ces 4 groupes a conduit à la création d’une hot line pour les femmes victimes de violences : le a hot-line BIG – ligne d’urgence et centre
d’intervention en cas de violences domestiques
.
Cette dernière a mis en place des référents victimes de violences dans tous les commissariats berlinois.
Un 5ème groupe de travail sur les violences faites aux femmes issues de l’immigration a permis de recruter des traductrices pour la hot line.
Au vu des évolutions législatives récentes (notamment l’éloignement du conjoint violent du domicile), le champ d’intervention du BIG a été amélioré.
Selon Papatya, les structures d’écoute et d’accueil pour les jeunes sont confrontées depuis 20 ans aux problèmes spécifiques de jeunes femmes turques. Celles-ci demandaient un soutien suite à des violences, agressions sexuelles et mariages forcés.
Or, ces structures étaient connues et les parents menaçaient directement les travailleurs sociaux sur les lieux. Bien que les mariages forcés étaient déjà
une problématique existante, ils n’étaient pas réellement pris en considération, et seul les autres types de violences familiales étaient pris en compte.
La prise de conscience a été accélérée du fait de la nécessité pour l’Etat de garantir la protections des mineures, tout comme la multiplication des situations de crimes
« d’honneur ».
Il est devenu évident pour les associations que les refuges pour femmes victimes de violences étaient inadaptés.
Les foyers étaient considérés par les familles et par les jeunes filles comme des lieux de perdition et de prostitution, et les places disponibles étaient tout à fait insuffisantes
L’association Tio a constaté que les femmes refusaient d’aller dans ces foyers craignant la honte si les parents l’apprenaient.
Ces structures ont alors interpellé le Senato de Berlin, puis le Ministère de l’immigration et de l’intégration qui a accepté de porter le projet.
L’idée de monter un lieu d’hébergement sécurisé fut rapidement retenue. Les subventions nécessaires à son fonctionnement proviennent essentiellement du Ministère de la Jeunesse et des Sports de Berlin pour les trois-quarts, le reste provient des donations et de financements européens.
Le Senato a recherché un partenariat, en l’occurrence celui des associations d’urgence pour les jeunes et SOS enfants. L’association des femmes turques allemandes (association regroupant 15 personnes, « purement culturelle », « humaniste » et « chrétienne démocrate », dont la lutte contre les violences faites aux femmes n’était pas la vocation spécifique) a porté le projet.
Créée en 1985, le nom retenu pour ce foyer fut Papatya.
Le contexte hollandais de prise en compte des mariages forcés et crimes d’honneur : plus récent et davantage communautaire ?
En 2004, le parlement s’est directement emparé du problème des violences familiales suite au constat suivant : la moitié des meurtres de femmes est liée à la violence
domestique d’une part et la recrudescence des crimes « d’honneur » d’autre part. Fut également constatée l’augmentation de fugues de jeunes femmes
menacées de mariage forcé ou de crime d’honneur pour avoir « fréquenté » un homme avant le mariage. Jusqu’à une période très récente, du fait du relativisme culturel, ces violences étaient considérées comme des « différends familiaux ».
En 2005, une centaine de victimes de violences intra-familiales, une femme imam et, quelques associations, ont été auditionnées. L’Etat hollandais a fait des propositions
dans l’ordre suivant :
  1. former les leaders communautaires et religieux
  2. mener des journées de sensibilisation dans les mosquées
  3. construire des centres d’hébergement spécifiques pour les victimes
    de mariage forcé
  4. médiatiser les parents qui reconnaissent leur erreur d’avoir
    commis un mariage forcé
  5. assurer des cours de dialogue parents/enfants
  6. développer des cours de conscientisation et d’argumentation pour
    les jeunes afin qu’ils se défendent face à leurs parents
  7. combiner et réconcilier les croyances et les lois hollandaises
Cette consultation a par ailleurs débouché sur une loi interdisant le regroupement familial avec une jeune femme de moins de 24 ans. L’association Arosa affirme que cette loi permet aux jeunes d’être plus matures pour refuser le mariage forcé. Mais elle constate que, dans la réalité, de nombreux parents ont contourné la loi en produisant de faux certificats de naissance ou en renvoyant définitivement leurs filles au pays d’origine.
De plus, les filles ayant peur de porter plainte contre leurs parents préfèrent partir en foyer, car elles estiment qu’il s’agit de la seule alternative pour échapper au mariage
forcé.

II / Les différentes structures associatives rencontrées

Elisi Evi est une association berlinoise de quartier accomplissant des actions de proximité à caractère culturel et social. Son discours sur les mariages forcés
(distinction/confusion entre mariage forcé et mariage arrangé) et la protection des mineures victimes de ces violences, n’est pas clair car il semble reposer sur la peur de stigmatiser et celle de briser les familles.
Tara est une association de Berlin qui a pour mission d’informer les femmes immigrées sur leurs droits et de les accompagner en cas de violences. L’équipe est composée de 4 travailleurs sociaux formés à la thérapie individuelle et familiale. Elle est multiculturelle : soit une femme d’origine turque, une d’origine iranienne et deux allemandes « de souche ». Il semble très important pour Tara que les femmes immigrées primo-arrivantes soient accueillies par des femmes de la même origine qu’elles car cela permettrait une meilleure compréhension de ces dernières, notamment au niveau de la langue qui constitue un repère essentiel. Tandis que ce principe n’est pas appliqué aux femmes parlant l’allemand, quelle que soit leur origine.
Bien que recevant le même public, l’association berlinoise Tio a des actions beaucoup moins centrées sur les violences dont les femmes peuvent être victimes. Auparavant,
Tio recevait essentiellement des femmes turques âgées d’une quarantaine d’années ou plus. Désormais, elle accueille majoritairement des femmes plus jeunes (28-35 ans) et principalement des « brus ».
Initialement axée sur des actions culturelles, Tio a maintenant une mission d’aide à l’intégration (cours d’alphabétisation et aide à la préparation de concours et à la reconnaissance de l’équivalence des diplômes) et d’accès aux droits (information sur le droit de la famille et le droit des étrangers notamment).
Le Foyer berlinois Papatya est quant à lui une structure d’hébergement spécialisée et sécurisée qui accueille des femmes et des jeunes femmes issues de l’immigration exposées à des violences intra-familiales graves : inceste, mariages forcés, crimes d’honneur.
Selon Tara, l’un des points forts de Papatya, outre sa connaissance des problématiques, est que les jeunes femmes ont confiance en cette structure. Le travail mené par
l’équipe de Papatya permet aux jeunes femmes de déculpabiliser. C’est un lieu sécurisé utile pour la période de crise. Aucune institution, même la Police, ne connaît l’adresse de Papatya.
Arosa est un association hollandaise d’envergure nationale ayant pour mission de lutter contre les violences intrafamiliales, notamment les crimes d’honneur. Le
financement d’Arosa est le résultat de la lutte d’une fédération nationale d’association contre les violences faites aux femmes.
Depuis 2 ans, un numéro d’appel spécifique pour l’ensemble des violences faites aux femmes (et pas seulement les violences conjugales) a été mis en place en Hollande. Arosa gère ce numéro national qui assure non seulement une première écoute mais aussi la gestion des places d’hébergement dans l’ensemble des Pays-Bas.

III / Ages, origines géographiques et culturelles des femmes hébergées

Arosa héberge des femmes de tous âges. Arosa héberge majoritairement des femmes d’origine marocaine, turque, afghane, iranienne, surinamienne et libanaise.
Une grande partie des femmes hébergées par Arosa a dû fuir Amsterdam pour se réfugier à Rotterdam.
Les filles et femmes hébergées à Papatya sont âgées de 13 à 21 ans. Bien que la majorité d’entre elles soit âgée de 16 ans, les filles de plus de 21 ans sont de plus en plus nombreuses. La moitié des jeunes femmes hébergées à Papatya ne sont pas originaires de Berlin, mais la structure est obligée de réserver en permanence une place d’hébergement pour une mineure berlinoise.
Le public majoritairement accueilli par Tara est d’origine perse et turque.
Tio et Papatya accueillaient essentiellement des femmes d’origine turque. Actuellement, la
moitié des jeunes filles hébergée par Papatya est d’origine turque, un tiers ayant la nationalité allemande. De plus en plus de jeunes filles hébergées et protégées sont originaires d’ex-Yougoslavie, du Machrek (rarement du Maghreb car l’immigration est surtout palestinienne, jordanienne et irakienne) et d’Afrique de l’Ouest, d’Ethiopie, du Pakistan, du Sri-Lanka ainsi de nombreuses femmes des communautés roms.

IV / Les motifs de la rupture familiale : maltraitance grave, risque potentiel ou avéré de mariage forcé et de crime d’honneur

A Rotterdam, la moitié des jeunes femmes hébergées dans les structures visitées l’est à cause d’un mariage forcé. Les autres personnes le sont en raison de violences conjugales, familiales, menaces de crime d’honneur, répudiation de femmes primo-arrivantes, représailles à l’encontre de jeunes femmes musulmanes qui ont une relation avec un non-musulman.
Quelques jeunes filles d’origine hollandaise sont hébergées parce qu’elles ont été victimes de violences et menacées de représailles par un petit ami d’origine turque ou du Maghreb/Machrek avec qui elles ont rompu suite à des violences ou pas.
Sur 70 femmes accueillies chaque année par Papatya (sans compter celles qui bénéficient d’une écoute téléphonique par exemple) 40 % sont en danger de mariage forcé, sachant que la plupart a fui avant le mariage forcé. Par ailleurs, 80 % des filles sont victimes de violences intra-familiales graves, physiques ou sexuelles, installées depuis des années. 20 % ont fait des tentatives de suicide qui se sont heurtées à l’indifférence des parents, qui les ont banalisées, rejetées ou ignorées.
30 % ont subi des violences sexuelles, en majorité d’un parent proche. Le fait de les voir parler avec un garçon peut suffire à engendrer des représailles. De plus, 20 % des assassinats au nom de l’honneur en Allemagne sont directement liés à un mariage forcé, avant ou après.
Papatya n’accueille pas les hommes bien que la structure ait eu connaissance de la situation d’un jeune turc alevi sortant avec une jeune Irakienne zoroastrienne, menacé de mort par toute la famille de cette dernière.
Arosa projette d’ouvrir un foyer réservé aux hommes menacés en raison de leur homosexualité ou parce qu’ils refusent de tuer au nom de l’honneur leur sœur,
leur cousine ou leur ex-femme.

V /Critères de recrutement du personnel, de fonctionnement et d’admission des femmes hébergées

Les foyers Düygü, Nawel et Aletta sont situés au cœur de quartiers ghettoïsés à populations quasi-exclusivement issues des immigrations.
Tandis que Papatya relève que le contrôle social par le voisinage peut s’avérer très strict dans certains quartiers où la population immigrée est nombreuse.
Aussi, le foyer est-il volontairement caché dans le fond d’une cour derrière d’autres immeubles d’un quartier non communautaire de classe moyenne.
A Rotterdam le personnel salarié d’Arosa, très majoritairement féminin, est choisi parmi les « communautés » d’origine immigrée, y compris pour les hommes.
Un écoutant d’origine kurde a récemment été recruté , mais il s’avère que se sont plutôt les femmes d’origine hollandaise qui acceptent d’être reçues par lui.
Plusieurs salariées sont voilées, tant dans le centre d’écoute qu’au sein des structures d’hébergement. Les foyers Nawel et Düygü considèrent que les femmes hébergées se confient davantage lorsqu’elles savent que le personnel connaît les coutumes. De fait, elles sont rassurées et ne se sentent pas obligées d’expliquer les violences et oppressions qu’elles subissent.
A Papatya, le personnel accueillant était initialement bénévole mais le recrutement de professionnels fut très vite décidé. Les salariés et les stagiaires sont
recrutés sur une base multiculturelle. La moitié des professionnels est d’origine allemande, l’autre d’origine turque et kurde. 7 postes à temps complet : psychologues, assistantes sociales, éducatrices, une aide pour le ménage et la cuisine. Aucune salariée n’est voilée. Papatya s’est posé la question du positionnement du recrutement de femmes voilées quant à leur acceptation de la rupture des femmes avec certaines normes familiales.
Tandis que le critère d’admission à Papatya est la nature de la violence subie -crime d’honneur, mariage forcé, inceste- Arosa fait reposer la spécificité de
ses foyers sur les critères suivant : femmes avec enfants, mères adolescentes, jeunes filles et femmes de confession musulmane etc.
Ces structures portent le prénom d’une féministe de la même origine que les femmes hébergées : Düygü (Asena), Nawal (Sadaoui), et Aletta (Jacobs) vers lesquelles
les jeunes femmes sont orientées en fonction de leur religion ou leur culture supposée ou bien selon l’origine du compagnon violent dont elles ont fui les représailles. Un foyer pour musulmanes est caractérisé par l’apposition de cadres du Coran sur les murs des parties communes et de repas sans porc.
Cependant, une jeune femme musulmane a le droit de refuser d’être hébergée dans le foyer Nawal tout comme une hollandaise « d’origine » peut demander à intégrer cette structure.
Depuis que les centres Nawal et Düygü sont ouverts, ils ont acquis une bonne réputation. Réputation qui a par ailleurs profité à d’autres foyers, moins perçus comme des lieux de dépravation (sic).

VI / Mesures de protection spécifiques en faveur des femmes hébergées
Numéros d’appel spécialisés et partenariat efficace avec la police

A Rotterdam, la police travaille en partenariat étroit avec Arosa. Les femmes en danger peuvent disposer d’un téléphone portable directement relié à la police qui
fonctionne jusqu’à 30 kilomètres à la ronde.
Ce système dit AWARE (Abused Women’s Active Response Emergency) existe depuis 4 ans, uniquement à Rotterdam.
Arosa a conclu un contrat avec l’école du quartier où sont implantés ses foyers. Son personnel vérifie que c’est bien la mère de l’enfant, et elle seule, qui vient le chercher à la sortie des classes.
Un réseau est tissé autour des femmes menacées de mariage forcé ou de crime d’honneur. La police est systématiquement avertie. Cette dernière peut accompagner la jeune femme chez ses parents pour expliquer la situation et le fait que l’école ou son employeur contacteront le foyer si elle est absente, en cours ou au travail.
Arosa travaille aussi avec les personnes de la famille, et alliées de la jeune femme, à même de prévenir de leur disparition ou de la dangerosité particulière d’un membre de
la famille.
Une jeune femme qui aura par la suite son propre appartement peut demander à être régulièrement visitée par Arosa et la police qui s’assurent alors de sa sécurité.
A Berlin, Tara fait partie des 5 associations gérant la hot line BIG pour les femmes victimes de violences domestiques, ouverte de 9h à 18h. Un relais est assuré
par d’autres écoutantes jusqu’à minuit. La hot line BIG gère les 300 places d’hébergements d’urgence (pour 2 à 3 semaines , voire plus longtemps) et 40 appartements éclatés (correspondant à environ 280 places) dans lesquels les femmes en grand danger ne sont pas accueillies. Ces lieux sont tenus secrets mais la sécurité des femmes n’y est pas garantie. Si jamais le BIG ne trouve pas de place, il y a obligation de prévenir le Senato.
L’évolution du travail avec la police est récente. Cette dernière transmet le numéro de toute femme victime de violences, avec son accord, à l’association de permanence téléphonique de la hot line BIG qui se mettra en contact téléphonique avec la personne violentée ou se déplacera à son domicile le cas échéant (intervention dite mobile). Toute victime est orientée en fonction de sa problématique et/ou de son origine. Ainsi, une jeune femme victime de mariage forcé ne sera pas orientée vers une structure pour femmes victimes de violences conjugales.
En cas de danger extrême, une orientation vers Papatya est préconisée par l’ensemble des hot line existant sur Berlin : la ligne BIG (violences domestiques), Urgence
Enfance (24h/24h) ; Urgence Adolescence et Urgence Jeunes filles. Ce sont Urgences Jeunesse et l’aide sociale (hiérarchiquement supérieure sur la Justice) qui autorisent Papatya à protéger les mineures en danger. Urgence Jeunesse (jusqu’à 18 ans) et SOS Enfant (jusqu’à 13 ans) sont connus des enfants et des adolescents, ils ont le pouvoir d’autoriser la protection des jeunes par une mise à l’abri.
Les jeunes femmes qui ont peur de retourner dans leur quartier ou dans leur famille peuvent donc être accompagnées par les intervenants sociaux de ces structures qui appellent alors Papatya, reconnue comme structure spécialisée et lieu sécurisé à l’écoute des jeunes.

Des dispositifs d’hébergement favorisant l’autonomie progressive

Une équipe de travailleurs sociaux d’Arosa assure un premier accueil des victimes au sein de leur centre d’accueil et d’écoute que le Réseau Agir Avec Elles a visité.
Si besoin est, la personne écoutée est orientée dans un premier foyer d’hébergement intermédiaire pendant 6 semaines dit « foyer time out », lieu pour se poser et réfléchir.
Ensuite, elle est hébergée en maison d’accueil dite spécifique (au nombre de 6).
En cas de danger elle peut directement être hébergée dans un lieu sécurisé.
Arosa dispose de 2 structures d’hébergement type appartement-relais (dites de phase-finale) pour les femmes autonomes qui attendent un logement. Arosa dispose de budgets pour héberger les femmes à l’hôtel en cas de manque de place. Mais également, la Ville de Rotterdam relogeant les femmes en moins de 3 mois, Arosa bénéficie d’un bon niveau de roulement dans ses foyers.
Dans chaque foyer d’Arosa, il existe un système de partage des tâches et une gestion collective des courses, ainsi que des repas, avec l’aide d’une éducatrice. Les éducatrices et monitrices sont présentes au quotidien (le jour seulement, la nuit elles sont remplacées par un veilleur de nuit) tandis que les assistantes sociales (cases
workers) se rendent dans les foyers 1 à 2 fois par semaine pour assurer la supervision.
Les femmes sont réparties selon des critères d’âge, de 13 à 23 ans, celles de plus de 23 ans, et celles de tout âge avec enfant(s) disposent de places réservées à la crèche.
Elles sont toutes obligées de faire une activité (piscine, vélo), leurs sorties sont contrôlées. Elles participent à des réunions collectives hebdomadaires sur diverses
thématiques : santé du corps, sexualité, nutrition, relation mère-enfant, etc.
Une « gouvernante » vérifie le bon déroulement du repas et fait le point en groupe après le coucher des enfants. Il n’y a cependant pas de psychologue « à demeure ».
La nuit, le veilleur de nuit relève les problèmes d’insomnie, d’angoisse. En cas d’automutilation ou tentative de suicide il contacte l’éducatrice d’astreinte. Cette dernière peut alors faire appel à un psychologue.
A Papatya, les filles ont le droit de téléphoner depuis la structure (numéro sécurisé). Les sorties des filles hébergées sont autorisées entre 14h et 19h. Un membre de l’équipe est présent 24h/24h.
Les téléphones portables sont confisqués pendant l’intégralité du séjour à Papatya. Ainsi, la première condition d’admission est d’accepter le règlement : remettre son
mobile, ce qui atteste que la jeune fille est consciente de la nécessité de rompre dans l’immédiat avec sa famille compte tenu du danger. Si les femmes hébergées divulgent l’adresse, sont violentes, se droguent ou rentrent trop tard la nuit, elles sont exclues.
Celles qui ont déjà un parcours d’errance ou sont en situation de prostitution ou de toxicomanie ne sont pas admissibles.
Leur scolarité est interrompue lors de leur séjour à Papatya, pour des raisons de sécurité. Toutefois, certaines retournent à l’école au bout de quelques semaines. Elles peuvent en principe rester 2 mois à Papatya, période nécessaire à la construction d’un autre projet d’hébergement.
A l’issue de l’accueil de chaque jeune fille, un contact est ensuite pris avec sa famille par Papatya ou Urgences Jeunesse pour les informer que leur fille est en sécurité.
Au bout de quelques jours, la jeune femme est encouragée à téléphoner à sa famille. Les équipes les mobilisent pour qu’elles écrivent leur histoire.
La journée est rythmée par les repas collectifs entre les femmes hébergées et l’équipe. Elles reçoivent de l’argent de poche dont le montant varie selon l’âge.
42 à 50 % des femmes hébergées finissent par rentrer chez elles, la moitié après avoir imposé leurs conditions à leur famille, l’autre moitié n’étant pas respectée dans ses choix de vie. 10 % reviennent à Papatya une seconde fois, voire une troisième fois.
La prise d’autonomie prend du temps mais elle aboutit dans la majorité des situations.
Certaines jeunes femmes vivent par la suite dans des lieux d’hébergement semi-autonomes.
Une jeune fille hébergée par Papatya a été tuée 5 années après son retour dans sa famille, alors que cette dernière avait signé un accord avec l’aide sociale dans lequel elle s’engageait à ne pas marier leur fille. Or, elle fut très vite renvoyée et mariée de force en Turquie. Elle fut tuée après qu’elle ait réussi à revenir en Allemagne, mais surtout suite à une demande de divorce à son initiative.
Pour des raisons de sécurité et de confidentialité, Papatya ne peut pas vérifier que la famille respecte le choix de la fille. C’est la mission des travailleurs sociaux de droit commun avec qui elle fait le lien. Notons qu’il est plus facile de travailler avec la police qu’avec l’aide sociale car elle connaît « ce qui se passe derrière les portes », selon TIO, tandis que les travailleurs sociaux sont fréquemment dans le relativisme culturel.
Bien souvent, certaines jeunes filles qui rentrent chez elles n’ont plus le droit d’aller à l’école.
Or, l’institution scolaire ne s’inquiète pas toujours de leur absence prolongée en cours.
Papatya est une structure exemplaire, connue de l’ensemble des institutions, des associations et des jeunes femmes mais dont les moyens n’augmentent pas, voire diminuent. Et ce constat est fait par l’ensemble des associations berlinoises. Selon l’association TIO, rien n’a été fait pour les femmes issues de l’immigration depuis Papatya.
Depuis 2000, selon la directrice de TIO, l’Allemagne « découvre les mariages forcés ». D’après elle, en Allemagne, les mariages forcés concernent des filles de toute origine, leur nombre n’augmente pas mais les victimes parlent davantage. Il faudrait donc mener , selon Tio , une étude sur les modes d’hébergement, le nombre de jeunes femmes qui ne trouvent pas de places et celles qui retournent chez elles. La prise en charge des jeunes majeures est par ailleurs de moins en moins accordée.

En conclusion

Le Réseau Agir Avec Elles considère qu’une structure sécurisée telle que Papatya est tout à fait adaptée au public qu’elle reçoit dans le cadre de l’accompagnement
des jeunes filles ou des femmes menacées ou victimes de mariages forcés. En effet, elle offre la garantie qu’elles ne seront pas retrouvées par leurs familles et qu’elles pourront rebondir sur un autre type d’hébergement le temps nécessaire à leur protection, ce qui correspond à notre ambition de les amener vers une à l’autonomie. Il serait également pertinent de s’appuyer sur l’exemple des appartements-relais d’Arosa (sans en reprendre la tendance communautariste).
Cependant, la priorité doit être la création et l’ouverture d’une structure collective d’hébergement sur le modèle berlinois de Papatya. En effet, les associations constituant le Réseau Agir avec Elles considèrent comme urgent de pouvoir accueillir rapidement et dans de bonnes conditions les jeunes filles et les femmes, venant de toute la France, gravement menacées de représailles par leur famille ou ex-mari et pour lesquelles la rupture familiale s’impose en raison d’un mariage forcé imminent ou effectif.


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Création du Réseau « Agir avec Elles »

Le Réseau  » Agir avec Elles  » a été créé en association Loi 1901, le 2 juillet 2007.

 » Des femmes immigrées et des jeunes filles françaises issues de l’immigration vivent des violences intolérables; elles sont  les victimes de pratiques traditionnelles néfastes (crimes d’honneur, excision, mariages précoces et/ou forcés, polygamie, etc…).

Les associations fondatrices* du Réseau travaillent ensemble depuis plusieurs années. Elles ont décidé de formaliser leur partenariat avec des objectifs spécifiques qui sont:

- des structures d’hébergement fiables, sécurisées et co-gérées par un collectif d’associations, prioritairement pour les jeunes femmes majeures en rupture d’hébergement, car confrontées notamment aux mariages forcés.

- Des aides financières pour un accompagnement social digne de ce nom pour les jeunes filles précédemment citées . »

(Extrait des statuts)

* Les associations membres fondateurs du Réseau « Agir avec Elles » sont:

- ASFAD ( Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes Démocrates)

- ELELE - Migrations et cultures de Turquie

- GAMS (Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles et autres pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants)

- Voix de Femmes

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RÉSEAU «MÊMES DROITS,MÊMES VOIX » Des associations pour la promotion des droits des femmes migrantes

PRESENTATION DU RESEAU

Ce réseau, en France, se met progressivement en place dès 2007, à l’initiative du Lobby européen des femmes et du Forum Femmes Méditerranée, association basée à Marseille. C’est un outil pour favoriser échanges, réflexions communes, élaboration de propositions et de revendications, à l’échelle régionale, nationale, et européenne, et les défendre auprès des institutions.

Il s’intègre dans le « Réseau européen des femmes migrantes (ENoMW) », réseau d’organisations non gouvernementales qui représente les intérêts, les besoins et les préoccupations des femmes migrantes dans l’Union européenne. Le réseau européen, lancé officiellement le 18 juin 2010 à Bruxelles, est membre associé du Lobby européen des femmes…

Les associations du Réseau « Mêmes droits, mêmes voix » :

ASFAD (Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes Démocrates) ; CLEF (Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes) ; FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés); Femmes Solidaires ; FFM (Forum Femmes Méditerranée) ; FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives); GAMS (Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles..) ; LFID (Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie) ; RAJFIRE (Réseau pour l’Autonomie des Femmes Immigrées et Réfugiées) ;

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«Favoriser l’insertion socioprofessionnelle des femmes migrantes»

Les associations du Réseau Ile-de-France

« Mêmes droits, mêmes voix »

ont organisé une journée de formation

Le vendredi 11 février 2011 de 9h à 17h

Au 6, Rue de la Rochefoucauld – 75009 Paris

Contexte

Le réseau national « Mêmes droits, mêmes voix » rassemble de nombreuses associations pour la promotion des droits des femmes migrantes, afin de favoriser échanges, réflexions, élaboration de propositions communes adressées aux institutions.

Les associations organisées à l’échelle de l’Ile-de-France constatent la difficulté pour les femmes migrantes d’accéder au marché du travail, aux formations, et de construire une carrière professionnelle correspondant à leur choix et à leurs compétences.

Il est donc nécessaire de faire le point des dispositifs existants et de dégager des propositions afin d’améliorer l’accès des femmes migrantes à leurs droits.

C’est pourquoi nous proposons cette journée de formation.

Public

Cette journée est destinée aux acteurs associatifs, sociaux et institutionnels engagés auprès des femmes migrantes pour la défense et la promotion de leurs droits.

Objectifs

• Apporter aux participant-e-s des informations sur les acteurs et structures de ce domaine de l’insertion professionnelle et de la formation, afin qu’ils et elles puissent mieux orienter les femmes migrantes au quotidien ;

• Définir, sur la base des problèmes repérés, des revendications et des recommandations à transmettre aux institutions concernées.

Lire les actes de cette journée:  Actes_MDMV_11_fevrier_2011

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Forum Femmes Méditerranée de Marseille

Contact:

74 rue Longue des Capucins – 13001 Marseille

Tel : 04 91 91 14 89

E-mail : ffm13@wanadoo.fr

Site internet : www.femmes-med.org

Présentation

Créé à Marseille en juin 1993, le Forum Femmes Méditerranée (FFM) est une association française membre d’un réseau International : le Forum International des Femmes de la Méditerranée, de la Coordination française du Lobby Européen des Femmes (C.L.E.F). Il travaille en réseau au niveau local et régional

- en étant membre du Collectif 13 Droits des Femmes (30 associations- syndicats, partis, et mutuelles- regroupés pour mieux agir contre la pauvreté, les discriminations et violences sexistes),- avec le GRAIF association féministe qui intervient dans les six départements de la Région Provence- Alpes- Côte d’Azur.

- en regroupant en son sein des associations de femmes migrantes oeuvrant dans différents quartiers de Marseille

Les objectifs du FFM sont :

- de faire évoluer les mentalités en gommant les préjugés,

- de faire appliquer l’égalité juridique et conquérir l’égalité des chances,- de favoriser l’expression et la reconnaissance des capacités des femmes.- de rendre visibles leurs oeuvres et leur place dans la société- de mettre en place des projets de coopération entre les femmes des deux rives de la Méditerranée pour favoriser le co-développement (projets générateurs de revenus et tourisme solidaire).

- Nous mettons en commun les capacités, les compétences, les ressources humaines de nos adhérents et des structures partenaires pour mieux échanger et construire autour de nos objectifs :

• Contribuer à la sensibilisation et à la prise de conscience des questions d’inégalités entre les sexes et des discriminations à l’égard des femmes notamment les femmes migrantes;

• Renforcer la capacité des femmes, notamment des jeunes à défendre l’exercice de leurs droits et à agir de manière autonome.

Les activités du FFM s’inscrivent dans le cadre d’ actions définies comme étant prioritaires:

1) DES ACTIONS CONTRE LES STÉRÉOTYPES SEXISTES, POUR LE RESPECT DE L’ÉGALITÉ ENTRE HOMMES ET FEMMES ET DE LA LAICITÉ

2) DES ACTIONS POUR LA VISIBILITÉ, LA CRÉATIVITÉ DES FEMMES MIGRANTES DANS LE CADRE DU DIALOGUE INTERCULTUREL

3) DES ACTIONS POUR LE CO-DÉVELOPPEMENT ET LA MISE EN PLACE DE PROJETS GÉNÉRATEURS DE REVENUS POUR LES FEMMES

• Réunir les conditions législatives d’une réelle égalité hommes/ femmes, Nos actions tiennent compte d’une approche « égalité homme-femme » en intégrant une perspective de genre.

3 commissions comprenant les salariées, les partenaires et adhérentes du FFM permettent de réunir les meilleures conditions du succès de nos projets…

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FCI – Femmes Contre les Intégrismes

Lien /site FCI : www.fci-asso.org

Le guide « Madame vous avez des droits ! » : dix ans déjà

Dès sa création en 1995, et  les premiers liens créés avec les associations de femmes en Algérie, Femmes contre les intégrismes a pris conscience des difficultés rencontrées en matière d’égalité civile des droits

Bien des femmes peuvent en témoigner. Qu’elles vivent en France, qu’elles soient de nationalité étrangère, originaires d’un pays du Maghreb ou françaises ; qu’elle soient majeures ou mineures, célibataires, mariées avec un étranger ou un binational, qu’elles aient des enfants ou non, toutes ont besoin d’être informées précisément.

Les confrontations entre des systèmes juridiques différents et la complexité d’application du droit international privé face au droit français sont à décrypter et expliciter en rapport avec les pays, les Codes juridiques (codes de statut personnel) et les coutumes en vigueur. D’où cette idée de réaliser un guide juridique d’information qui s’adresse directement aux femmes elles-mêmes.
Faire savoir qu’il existe des outils pour combattre les discriminations envers les femmes ; faire savoir que le principe d’égalité de traitement entre nationaux et étrangers et celui de l’égalité de droits entre les hommes et les femmes sont garantis par l’Etat français : voilà ce qui nous semble primordial aujourd’hui, dans notre lutte pour la reconnaissance pleine et entière des droits de toutes les femmes vivant sur le sol français.
La première édition du guide « Madame, vous avez des droits ! » a été réalisée en 1998, suivie d’une 2è édition réactualisée en 2002. Tirage : 15.000 exemplaires chacune. Ces deux éditions ont été très vite épuisées, preuve indéniable d’un besoin très fort de la part des femmes et des médiateurs et médiatrices concernées.
La 3è édition du guide « Madame, vous avez des droits ! » est parue en 2006. Elle rend compte des bouleversements positifs générés par la transformation du Code de la famille marocain en 1984 (tirage à 15.000 exemplaires). Elle a été accompagnée d’un additif concernant les réformes
entamées par l’Algérie sur son Code de la famille. Elle a été largement diffusée lors du passage des Caravanières venues du Sud dans différentes villes
de France en 2006 (Paris, Montreuil, La Courneuve, Strasbourg, Dijon, Lyon…..).

La quatrième édition conserve la même structure de base (56 pages). Elle actualise et creuse les problématiques rencontrées dans les pays du Maghreb. Elle est parue en juin 2008, de nouveau à 15.000 exemplaires, avec l’appui et les conseils de juristes, avocates et militantes  d’associations de France et du Maghreb

Pour se procurer ce guide,
télécharger le bon de commande
ou nous écrire à FCI – BP 0640 – 69239 Lyon Cedex 02
ou nous adresser un courriel